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    On n’a jamais vraiment voulu s’rencontrer 

     On a, comme des cons, réalité joué 

    Imité, inventé, trompé, adoré 

    Mais au grand jamais on ne s’est bien aimés

     

    Pourquoi toujours courir ailleurs se chercher 

    Alors que l’herbe si verte pousse sous nos pieds 

    Aller- venir faut-il, pour mieux désirer 

    Y revenir encore pour mieux se leurrer ?

     

    Rouli-roula, piégea, tomba, patatras 

    Rouli-roula, on vaut mieux qu’ça, j’te dis pas

     

    On n’a jamais vraiment cru pouvoir s’trouver 

    On n’a fait qu’espérer meilleur double créer 

    Osé, fabulé, sur-naturalisé 

    Quelle folie que ce délire de s’rencontrer

     

    Tu pars, tu m’quittes, tu parles d’une finalité 

    On s’est tout dit, allez, dégage le plancher 

    Quoi ? Une dernière fois dans tes bras me serrer ? 

    Tu rêves mon gars, plutôt sur ta bouche cracher

     

    Prêchi-prêcha, arrête donc ton blabla 

    Prêchi-prêcha, on vaut mieux qu’ça, j’te dis pas

     

     

     

     

     

    Non coupable6 mai 2017

     

     


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    Le Départ

     

     

     

     

     

    Le Départ

     

     

    Du grand départ l'heure va sonner

     

    Accolades serrées, derniers baisers

    Quitté sera le nid, demain

     

    Coeur en larmes soudain

    Je vois sa vie d'ici avant celle de là

    Et sens passer le vide qu'il laissera

     

    J'ai guidé ses pas

    Gonflé ses ailes

    Je l'ai aimé

    Je l'aimerai toujours

     

    Chair de ma chair

    Il ne m'appartient pas

     

    Mon fils, va...

     

     

     

     

     

    Non coupable

     2 août 2009

     

     

     

     

     

     "Le départ" de Krishna Levy

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Je n'ai pas d'âge

     

     

     

    Dans mon sang coulent mille sangs 

    Je n’ai pas d’âge, j’ai mille ans 

     

    Je porte l’âme de ceux qui ne sont plus 

    Je respire leur souffle qui me traverse

     

    La nuit au plus noir du salon 

    Quand l’espoir s’en vient à perdre le dessus 

    Qu’un « qui je suis où je vais ? » me bouleverse 

    J'entends leurs voix poignantes jaillir du violon 

    S’échappent larmes de bonheur-malheur diffus 

    S’évadent émotions de leur carcan

     

    Contre mon corps je presse l’enfant 

    Que je chéris que j’ai conçu 

    Dépositaire de la femme qui d'antan fut

     

    Suis-je d'est ou d’Occident ? 

     

    Dans mon sang coule l’Orient 

    Je n’ai pas d’âge, j’ai mille ans 

     

     

     

     

    Non coupable

     Juin 2016

     

     
      

    Extrait du Concerto pour violon et orchestre en ré mineur (1940)

    d'Aram Khatchaturian, par David Oistrach

     

     

     

     

     

     

     


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    Et la morale dans tout ça?

    "PIG", 2004" - Scupture Grande Prague 2007" - Jan Kadlec

     

     

    Un vieux cochon sommeillait. Roulé en boue, il ruminait. Sa poule mouillée délicieuse avait disparu. Filé à l’anglaise. Son goût salé, pas de pot, lui restait encore sur le groin. 

    -"Oh my god ! " gémissait-il , "Encore un coup du saur ! Le vil maquereau ! »  

    Elle était partie dans les sous-bois, sans charrue ni bœufs, de son propre chef, sans crier gare. Quel fumier ! Mais il ne ferait pas le pied de grue. Pas la peine. Car elle lui avait posé un gros lapin, la vache ! En vraie oie blanche, elle avait mis les bouts ailleurs. S’était jetée à la gueule d’un beau poilu. Son petit coup de mou passager, pour sa minette rousse, constituant un argument de taille. A force de crier au loup, elle en avait vu passer la queue. Sans tire-bouchon. Qui sentait bon la diversion. Chienne de vie. La loi des canidés les plus forts était toujours la meilleure.   

    Ses bons sens étaient aux abois. Serait-elle arrivée à meilleur porc que lui ? Le lynx chasseur, en bon matou mateur, la tiendrait-il à l’œil, sa jolie chatte ? De sombres clichés, soudain, défilaient dans sa tête. Lui donnaient une fièvre de cheval. Elle deviendrait la starlette des hôtes de ces hauts bois et autres sphères. Elle finirait en pâture, exhibée telle une vulgaire alouette tombée dans un nid de vipères très au point, détrousseuses de grand sentier. Qui la serpenteraient de long en large. Qui l’obligeraient à se mettre à poil. Qui la déplumeraient, pour mieux la plumer. De ses oeufs d'or. Chouette. La bonne affaire.

    Plus renard il eût pu ruser, se faire tendre les peaux du bas ventre, se gonfler la grenouille loin des bénitiers, singer l’agneau prêt à l’embrochée. Mais n’est pas cheval d’attrait qui veut. Ni qui bascule à souhait.    

    -"Bah" se dit-il.  "Acculée dans la souricière, elle sera prise comme un rat ! Elle l’aura bien cherché !"  

    Hors de lui soudain, il se réveilla, prêt à lever d’autres lièvres. Une faim de cochon le tenaillait. L’appel des grands bassins pointait à l’horizon. Puisqu’elle dansait avec le loup, il ferait valser une cane. En queue de pie. En vrai Charlot. Tango, tango.  

    Il jaugea le rivage tout proche, observant d’un œil goguenard la danse des canards à la claire fontaine.    

    - "Alors les coquins, on se marre bien ici ?" demanda t-il, s’y voyant déjà fringuant et frétillant comme un poisson dans l’eau.  

    A cet instant, du lac tout proche, le destin lui envoya un cygne. Affaire à suivre, absolument. Sans plus hésiter, il enfila ses palmes et, tête baissée, du plongeoir plongea. Sans masque ni tuba. Bandant ses muscles, il lui emboîta les pattes tout en lui susurrant de sa voix la plus suave :    

    -"Viens  donc ma puce, viens, que je te montre comment faire des cygneaux avec mon sucre, ce n’est pas du morse, tu verras, il suffira d’accorder nos instruments !".  

    Revigoré et rosissant de partout à l'idée de ce bon tour du destin, le vieux cochon ne se sentit plus de joie. Il se mit en position et tira.  

    Moralité: Faute de poule on se fait un cygne! 

     

     

     

    Non coupable

     

      Copyrighted mai 2010

     

     

     

     

     

     


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    Non coupable "Morning Dreams" par  Pino Dangelico

     

    "Pablo's blues"  par  Gare du Nord


     C’est un gars des quais
    De gare
    Pas des brumes

    L'oeil révolver calibré
    Qui au flanc chargé
    Chasse à blanc dans le noir
    Au pif dans le pouf
    Non sans marquer sa cible
    Mouvante
    Pour sa chance

    C’est un franc-tireur
    Malfaiteur
    Pas maçon

    L'arme de contact très rapproché
    Qui de main libre
    Dégaine mon Playtex
    Bassine mon barillet
    Déverrouille ma culasse
    Aligne sa cartouche
    Lâche sa queue de détente
    Non sans pointer à vue
    Prenante
    Pour ma perte

    C’est un haut viseur
    Défonceur
    Pas d’élite

    Le barracuda
    Qui pour seul combat
    M'arrache la poule de l’oeuf
    Infiltre ma chair dans le fruit
    Sans autre poudre
    Que d’escampette
    Pour sa défense

    Le canon de toute beauté
    Qui à coups bas
    Tue l’Amor dans l’âme
    Sans plomb
    Ni sang
     Ni encre

    Non coupable
    Il m'assassine
    Pour mon plaisir 

     

     

    Non coupable

    copyrighted août 2010 

     

     

     


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